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Bouddhisme de base - Réincarnation/renaissance
Extraits « Candide et le Bouddhisme » de Victor OJEDA
Re-naissance et réincarnation

Pour l’occidental en général, re-naissance, reincarnation, métempsycose, transmigration, sont des termes qui veulent dire la même chose.

Le Bouddhisme fait une grande différence entre l’ensemble des mots : re-naissance, métempsycose, transmigration et réincarnation. " Apprenons donc à distinguer. Le cycle des renaissances, le Samsâra, est la condition même de toute vie. Aucune existence n'y échappe, à moins de parvenir au nirvana. Cette condition est douloureuse, car elle nous oblige à revivre sans cesse, à des niveaux qui peuvent être pires que ceux que nous avons connus. Si la renaissance est une obligation, la réincarnation est un choix. Elle est le pouvoir, donné à certains individus méritoires, de contrôler leur future naissance."

Donc pour le Bouddhisme il y a la renaissance pour les individus « non-méritoires » et la réincarnation pour les individus « méritoires».

Pour les « non-méritoires » : Re-naissance[2]

Le cycle des renaissances ou samsâra applicables à tous ceux qui ne sont pas « méritoires » veut qu’à la mort de l’individu, celui-ci-ci périsse totalement ; Cependant ses actes volitionnels remplis d’énergie subsistent sous forme de « soif » de re-exister ; Ce désir, cette force se met à la recherche d’une matrice ou ventre d’une mère pour reproduire les cinq agrégats et donner naissance à un nouvel individu ; Ce dernier n’a rien à voir avec le précédent, si ce n’est qu’il hérite de ses actes sans les avoir commis.

Son devoir selon le Bouddhisme est de reprendre le combat à l’endroit précis ou le précédent l’a abandonné et par bonté faire de son mieux pour éviter aux suivants la souffrance afin de lui permettre d’attendre le Nirvana.

Ainsi ce qui transmigre, c’est une « série » cumulant le karma de millions et de millions d’individus que le dernier récupère pour le mener à bon port.

Le Bouddhisme nous dit, qu’il faut faire le bien par altruisme, afin d’éviter à ceux qui vont suivre la douleur. Au premier abord c’est une conception généreuse !

Cependant, comment être tenu pour responsable des actes que nous n’avons pas commis, dont nous n’avons aucun souvenirs et ce, par une personne que nous ne connaissons même pas ? Est-ce cela la Justice ?

Une image me vient à l’esprit. C’est la course de relais 4 fois cent mètres. Pour y participer, il faut être quatre et disposer d’un témoin qui sera passé d’un coureur à l’autre.
Les quatre coureurs formant l’équipe, se connaissent parfaitement, ils se sont inlassablement entraînés durant des mois et des mois partageant joies, souffrances, sueur, amitié, espoirs… Le jour de la compétition arrive et ils sont fin prêts. Le premier, le témoin en main, s’élance donne le maximum de lui-même et s’écroule après avoir parcouru sa distance et transmet le bâton ; Il en est de même, avec le second, le troisième… Tout repose maintenant sur le quatrième : s’il gagne les quatre remportent la victoire, s’il perd c’est la défaite pour les quatre. Voilà qui est juste, ils forment une équipe et c’est l’équipe qui gagne ou qui perd. Ce qui est le plus important c’est cette équipe composée de quatre individualités soudées par une même passion et une même volonté. C’est simple ! C’est beau ! C’est crédible ! C’est juste ! C’est équitable !

Revenons au Bouddhisme ! Ce qui transmigre et renaît d’une vie à l’autre est selon le Bouddhisme un peu comme une course de relais 4 fois cent mètres. Dans cette course, au départ il n’y a qu’un seul coureur. Il parcourt sa distance, s’écroule ; en s’écroulant il se transforme en témoin qui enregistre son temps et aussitôt se transforme en un nouveau coureur qui reprend la course au même endroit où le précédent l’a arrêtée et ainsi de suite des millions et des millions de fois…Enfin le témoin est passé une dernière fois… Le temps cumulé du premier jusqu’au dernier coureur lui donne droit à la victoire : Au Nirvana ! Une telle course est-elle simple, belle, crédible, équitable, juste ? Pour celui qui remporte le Nirvana ? Pour ceux qui y ont participé ? …

Pour les« méritoires » : Réincarnation

Quels sont ces individus méritoires ? Ce sont les tulkus : réincarnation d’un lama défunt. Le Tulku trouve sa plus haute expression dans les personnages du Dalaï-Lama, Pachen-Lama, Karmapa et autres grands lamas…

Rappelons que :

_ L’institution des tulkus n’appartient qu’au Bouddhisme tibétain, elle ne fait pas partie des credo du Théravada et Mahayana.

_ L’institution des Tulkus est relativement récente. Karma Pakshi (1204-1283) se déclara être la réincarnation de son prédécesseur et fut ainsi le premier à introduire cet aspect fondamental du bouddhisme tibétain.

_ Ce système fut suivi par Seunam Gyatso (1543-1588 ) qui après avoir reçu le titre de Dalaï-Lama d’un roi Mongol instaura la lignée « tulkus » des dalaï-lamas.

_ Ensuite en 1642 un autre roi Mongol, donne à Lobsang Gyatso, cinquième Dalaï-Lama (1617-1682), l’autorité suprême religieuse et politique du Tibet. Ce dernier mettra en place la lignée « tulkus » des panchen-lamas.

L’actuel Dalaï-Lama a dit :[3]Les bouddhistes disent que la renaissance est une réalité. C'est un fait. Dans le cycle connu des renaissances, que nous appelons le Samsâra, se produit de temps en temps le phénomène de la réincarnation.

Comment parler de réalité, de fait ? Comment peut-on prendre ses désirs pour des faits ? Comment ne pas voir dans les faits historiques de l’origine des tulkus la main de l’homme ; uniquement de l’homme. Ce système était parfait pour :

_Garder à travers les âge le souvenir des maîtres défunts.

_ Instaurer la continuité d’une lignée qui garderait son héritage matériel (pouvoir, monastères, terres, etc.) et spirituel (enseignements).

_ Dominer sur un peuple rendu fidèle par l’inculcation de telles croyances.

_ Instaurer au fil des années une civilisation féodale où le Dalaï-Lama était considéré comme un demi-dieu.

Le neuvième point : La re-naissance bouddhique n’est pas crédible, ni juste. La réincarnation et le système des Tulkus est une doctrine humaine politico-religieuse, ne reposant sur aucun fait, aucune Loi physique ou spirituelle.

Extraits « Candide et le Bouddhisme » de Victor OJEDA


[1] La force du bouddhisme: Sa Sainteté le Dalaï-Lama et Jean-Claude Carrière page 212

[2] Nirvana : Louis de la Vallée Poussin page 46 : En outre, ils ont mal compris les textes. Ceux-ci, les anciens ou canoniques, les modernes ou scolastiques, disent et répètent : « Celui qui mange le fruit de l’acte dans une certaine existence n’est pas celui qui a fait l’acte dans une existence antérieure, mais n’est pas un autre. » Les indianistes oublient la seconde partie de ce théorème ; ils enseignent que, d’après le Bouddha, l’homme quia fait l’acte périt tout entier, et qu’un autre, héritier des actes du premier, héritier de ses dispositions morales et de sa mémoire, renaît à sa place : ce qui transmigre, ce n’est pas la personne, mais « the character ». D’où cette conséquence, acceptée de sang-froid et considérée comme de grande beauté morale : si l’homme doit éviter le péché, c’est par pur altruisme et afin d’éviter à son remplaçant les souffrances de l’enfer. ..

L’individu, à proprement parler ne renaît pas ; mais un autre, si je puis dire, renaît à sa place, et c’est pour éviter à cet autre, qui ne sera que l’héritier de ses actes, les douleurs de l’existence et aspirer au Nirvâna… Telle est du moins la doctrine des livres pâlis …

Chaque individu, dans la longue chaîne de la vie, hérite de tout le bien et de tout le mal qu’on fait ses prédécesseurs, et continuent le combat pour le Nirvâna à l’endroit même ou son prédécesseur l’a laissé. Mais l’individu _ sauf de rares exceptions _ n’est pas conscient de ce qu’ont été ses prédécesseurs ni de ce que seront ses successeurs. De la sorte le bouddhiste vraiment saint ne souille pas la pureté de son renoncement par le désir d’une félicité dont il jouira lui-même. Sa conscience cessera de sentir, mais sa vertu vivra et portera son plein effet dans la diminution de la souffrance totale des êtres vivants.

[3] La force du bouddhisme: Sa Sainteté le Dalaï-Lama et Jean-Claude Carrière page 212


Date de création : 30/12/2006 @ 11:29
Dernière modification : 15/09/2008 @ 17:00
Catégorie : Bouddhisme de base
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